Non-sens et surréalisme au pays de Lewis Carroll

La Chasse au Snark, un poème du père d’Alice au pays des merveilles a été adapté dans un roman graphique époustouflant.

la chasse au snark

Imaginez l’univers loufoque des Aventures d’Alice au pays des merveilles poussé à l’extrême. Vous obtiendrez un monde délirant où, pourquoi pas, les castors font de la broderie. Après tout, le chef-d’œuvre de Lewis Carroll mettait bien en scène un lapin perpétuellement en retard.la chasse au snark

Les éditions Seghers ont publié une vers française de l’adaptation par Melville House de La Chasse au Snark, un long poème signé du père d’Alice en 1876, exemple-même du non-sens. Oui, mais un non-sens poétique rendu par la traduction d’Aragon et rehaussé par le trait de crayon de Mahendra Singh, dessinateur canadien.

La chasse au Snark, comme son nom l’indique, raconte l’histoire d’une chasse, mais à la manière d’un récit d’initiation. Un groupe d’hommes (accompagnés d’un castor) prend le bateau pour capturer un Snark, étrange créature dont on ne saura quasiment pas plus. Hunting of the Snark interior 2.inddLe poème composé de 141 quatrains se compose de huit crises qui suit l’évolution de la folle équipée partie sur l’île de Jabberworck.

Mots-valises et dadaïsme

Mais d’abord, un Snark, c’est quoi ? Un mot-valise composé de snail (escargot) et shark (requin). Ce personnage mène-t-il une allégorie quelconque ? Difficile de s’y retrouver dans ce monde fantaisiste où, attention, un Bandersnatch pourrait bien vous dévorer. Le récit est évidemment satirique, en particulier le procès du banquier.

Le non-sens de Lewis Carroll, peuplé de mots-valises comme c’était déjà le cas dans Alice et De l’autre côté du miroir, est renforcé par les dessins de Mahendra Singh. chasse au snarkCeux-ci, qui font furieusement penser à de la gravure, composent un roman graphique en noir et blanc très riche. Les planches sont ouvertement surréalistes, puissamment dadaïstes, avec des images associées aux rêves et à l’inconscient. Le dessinateur a également peuplé son dessin de références à peine voilées à quelques maîtres de surréalisme, Dalí en particulier.

Les dessins rendent parfaitement le style farfelu de Lewis Carroll. L’ouvrage est étonnant et charmeur, exaltant même, comme ont pu l’être les deux romans d’Alice. Voilà en tout cas un roman graphique onirique qui nous emporte loin, très loin. A lire absolument.

Crédits: The Hunting of the Snark © Melville House/Seghers, Mahendra Singh.

La Chasse au Snark par Lewis Carroll (Seghers), sorti le 12 novembre 2012.

Gwendal Fossois

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Une réflexion sur “Non-sens et surréalisme au pays de Lewis Carroll

  1. Merci pour cette bonne critique … le travaille de surréalisme n’est pas terminé, nous avons beaucoup de choses à faire. Grâce à Lewis Carroll et son Snark, l’âbime du non-sens nous conduit vers la verité : tous les langues mentent sauf la langue des yeux rêvants.

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