Les mille visages de Richter au Centre Pompidou

Le musée rend hommage à ce peintre qui marque l’art contemporain depuis les années 80. Un parcours riche qui révèle la multiplicité de son œuvre.

Richter fait partie de ces plasticiens qui ont révolutionné, du moins en partie, l’art contemporain. Première partie d’un diptyque dont la suite est incarnée par le Louvre, le Centre Pompidou propose une grande expo rétrospective de l’œuvre de ce peintre qui marque la scène artistique depuis les années 80. Le parcours propose de suivre les différentes étapes d’avancée du travail de l’artiste, depuis ses photos-peintures dans les années 60 jusqu’à ses travaux plus récents en rapport avec le numérique.

L’exposition est très riche et révèle la capacité de l’artiste à se réinventer perpétuellement en fonction de son époque, en fonction des artistes dont il est contemporain. Quand il revendique la peinture comme un des médiums privilégiés de l’art, il s’oppose à Duchamp et sa révolution matérielle. Plus tard, il rend hommage à John Cage en réalisant de grandes toiles inspirées de l’œuvre du musicien – vibrantes toiles abstraites reproduisant sons et rythmes décomposés.

Abstraction ou figuration ?

Le retour à l’abstraction est fréquent dans le travail du peintre : échantillons de couleurs des magasins de peinture (Nuanciers), œuvres réalisées avec des éclaboussures comme une référence à Pollock, des monochromes, etc. A côté de cela, l’artiste allemand tient à la peinture comme médium de reproduction figurative, parfois proche du réalisme, et ce depuis le début de sa carrière. Les années 60 le montrent avec les photos-peintures, photographies reproduites au détail près puis frottées pour donner un effet de flou. C’est encore plus vrai dans les toiles qui marquent un retour assumé à la peinture classique.

Toujours dans la peinture figurative, Richter réalise une série de peintures inspirées de photos de presse autour du 18 octobre 1977, jour de la mort des leaders du groupe révolutionnaire Baader-Meinhof (la bande à Baader). Ces images, bien éloignées des kitsch photos-peintures, immortalisent des visages et des corps en souffrance. Saisissant. Elles font suite à la sombre galerie de portraits de famille marquée par la guerre.

Au fil des années, l’artiste dévoile ses multiples visages, toujours plus surprenants les uns les autres. C’est sans compter les sculptures épurées constituées de miroirs ou et de verres, disséminées au long du parcours. La métaphore est là : l’abstraction est-elle le reflet opposé ou complémentaire de la figuration ? Ces installations, comme la grande diversité de formes que suppose l’œuvre de Richter, montrent bien que l’artiste n’est pas toujours là où on l’attend.

Photos: Gerhard Richter/Centre Pompidou © Kim Laidlaw Adrey I Heart Paris.

Gerhard Richter. Panorama au Centre Pompidou, du 6 juin au 26 septembre 2012.

Gwendal Fossois

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